Mesdames et messieurs, bienvenue dans ce qui est, selon nous, et selon bon nombre d’experts impartiaux, la plus belle visite guidée de Paris.
La petite différence avec les autres tours en bus ? Celle-ci, nous allons la faire à pied. En courant. Sur 42,195 kilomètres très exactement. Attachez vos lacets, nous partons !

Les Champs-Élysées : le départ le plus mythique du running mondial.
Regardons ensemble autour de nous. Nous nous trouvons sur les Champs-Élysées, que les Parisiens, dans leur immense modestie, appellent simplement « la plus belle avenue du monde« .
71 mètres de large, 1,9 kilomètre de long, et ce matin, entièrement fermée à la circulation pour accueillir les 55 000 coureurs du Schneider Electric Marathon de Paris.
À notre gauche se dresse l’Arc de Triomphe, commandé par Napoléon Bonaparte en 1806 après sa victoire à Austerlitz, haut de 50 mètres et veillant sur la Flamme du Soldat Inconnu depuis 1921. Prenons-en plein les yeux maintenant : nous le reverrons en ligne d’arrivée. Si tout se passe comme prévu.
Le saviez-vous ? Schneider Electric est partenaire du marathon depuis 2013. En guise de cadeau de bienvenue cette année-là, ils avaient installé des dalles piézoélectriques sur le parcours capables de transformer l’énergie de vos foulées en électricité. 40 000 coureurs, producteurs d’énergie verte, voilà ce qu’on appelle courir pour quelque chose.
Si vous avez enfilé votre casque Shokz pour ne rien manquer de nos commentaires tout en restant attentifs au monde qui vous entoure, vous avez bien fait. Leurs écouteurs à oreilles libres sont faits pour ça : entendre la musique et la ville. Et nous avons beaucoup de choses à vous raconter.
Bastille, Louvre, Concorde : Paris est un musée à ciel ouvert.
Maintenant que nos jambes sont lancées, admirons ce qui nous entoure : nous traversons l’un des plus grands musées du monde. C’est l’un des privilèges exclusifs du Marathon de Paris.
Sur notre droite, la Place de la Concorde et son obélisque de Louxor, le plus vieux monument de Paris, rapporté d’Égypte en 1833. Puis le Grand Palais et le Petit Palais, joyaux de l’Exposition universelle de 1900. Ensuite, le Palais Garnier, opéra flamboyant inauguré en 1875, dont la cave abrite le plus célèbre fantôme de l’histoire de l’opéra.
Après le Carrousel du Louvre et la rue de Rivoli, nous arrivons à la Place de la Bastille, là où fut prise, en 1789, la forteresse symbole de l’absolutisme royal. L’occasion de rappeler à toutes et tous que la Liberté n’est jamais gratuite.
C’est précisément dans ces premiers kilomètres en légère descente que votre montre Garmin, partenaire officiel du marathon, devient indispensable. La fonction PacePro analyse l’élévation du parcours pour éviter que nous partions trop vite. Garmin, c’est en quelque sorte le GPS de notre visite guidée. Nous, nous sommes juste le commentaire en fond sonore

Le Bois de Vincennes : « À droite, des arbres. À gauche, des arbres. »
Nous quittons maintenant le ballet des monuments pour entrer dans le Bois de Vincennes, le plus grand parc de Paris avec ses 995 hectares. Le public se raréfie ici, certains coureurs appellent cette section « l’épreuve du silence ». C’est l’endroit parfait pour une introspection profonde, ou pour regretter de s’être lancé dans cette histoire de marathon là…
Au fond du bois se dresse le majestueux Château de Vincennes, forteresse royale du XIVe siècle dont le donjon est le plus haut de France. Henri V d’Angleterre y mourut en 1422, et Mata Hari y fut fusillée en 1917. Comme vous, ce château en a vu d’autres.
Nous passerons également devant l’INSEP, le temple de la haute performance sportive française, où des athlètes olympiques s’entraînent pendant que nous, nous passons devant leur fenêtre. C’est le moment de faire bonne impression.
Attention aux faux-plats de Vincennes !
Cette section est réputée pour ses petites côtes répétées. Le terrain monte, descend, remonte. C’est le moment de prendre votre petit gel Tā Energy. Leurs gels et barres énergétiques sont pensés pour ce moment précis où le corps commence à faire l’état de ses reserves.
La Seine, Notre-Dame, le Musée d’Orsay : Paris version carte postale.
Nous voilà au semi-marathon.
La moitié du chemin est faite !
Enfin, uniquement si nous acceptons de voir le verre à moitié plein, ce qui est notre position officielle.
Les quais de Seine s’ouvrent devant nous comme un tableau vivant. Nous longeons bientôt Notre-Dame de Paris, cathédrale gothique commencée en 1163, qui a rouvert ses portes en décembre 2024 après l’incendie dévastateur d’avril 2019. Une résurrection qui, franchement, devrait nous inspirer à continuer. Puis vient le Musée d’Orsay, ancienne gare reconvertie en temple de l’impressionnisme, qui abrite les plus belles toiles de Monet, Renoir et Van Gogh.
Ces quais sont beaux, certes. Mais s’il vente, le souffle de face sur plusieurs kilomètres peut se révéler traître.
Le ravitaillement dont on rêvait tous : C’est ici que la Banane de Guadeloupe & Martinique fait son entrée !
C’est 130 000 bananes, soit 25 tonnes, qui sont distribués sur les différents points de ravitaillement. Petit rappel : pour les peaux sont collectées pour être compostées au bénéfice des jardins de Paris.
La Tour Eiffel : le monument qu’on attendait tous.
La « Dame de Fer » à mi-chemin du mur.
La Tour Eiffel ! Gustave Eiffel l’a construite en 1889 pour l’Exposition universelle, en seulement 2 ans, 2 mois et 5 jours. La population parisienne l’avait d’abord surnommée « la dame de fer » avec autant d’affection que de moquerie. Elle devait être démolie.
Aujourd’hui, c’est le monument payant le plus visité au monde.
Nous la découvrons au kilomètre 30, et le timing est cruel, parce que c’est précisément ici que se frappe le « mur du marathon ». Ce moment que vous redoutez ( à juste titre) où le corps remet en question l’ensemble du projet.
La bonne nouvelle : la foule, à cet endroit, est immense pour nous soutenir.
Anecdote running insolite : En 2008, un concurrent peu scrupuleux mais pragmatique, a tout simplement pris le métro pour rallier l’arrivée. La ligne 6, qui longe la Seine, offre d’ailleurs une belle vue sur la Tour Eiffel.
Le Bois de Boulogne et l’Avenue Foch : la dernière ligne droite
Le Bois de Boulogne, entre nature et histoire
Après le Trocadéro, nous pénétrons dans le Bois de Boulogne, 846 hectares de nature au cœur de Paris, ouvert au public par Napoléon III en 1852 sur les conseils du baron Haussmann. En chemin, nous passerons devant la Fondation Louis Vuitton, cet ovni architectural de verre signé Frank Gehry, inauguré en 2014.
À ce stade de notre visite guidée, certains d’entre vous n’auront peut-être plus les yeux en face des trous.
Petite anecdote running : Le premier Marathon de Paris de l’ère moderne, en 1976, se déroulait entièrement dans ce bois. Aujourd’hui, 55 000 personnes s’élancent chaque année.
L’Avenue Foch et l’Arc de Triomphe : nous y sommes !
Et voilà. L’Avenue Foch, l’une des plus larges avenues de Paris, face à l’Arc de Triomphe (là où tout a commencé ce matin). La boucle est bouclée, au sens le plus littéral.
Vous venez de traverser 11 arrondissements et de passer devant les monuments les plus emblématiques de la capitale.

Les héros parisiens que nous honorons en courant.
Michel Théato, le livreur de pain champion olympique.
Avant de conclure, rappelons l’histoire de Michel Théato, livreur de pain parisien qui remporta le marathon des Jeux olympiques de Paris en 1900. Accusé d’avoir triché en empruntant des raccourcis,lui qui connaissait les rues de Paris comme sa poche à force d’y livrer des baguettes, il fut blanchi de tout soupçon. Sa récompense ? Une poterie en porcelaine. Vous aurez une vraie médaille. C’est mieux.
Alain Mimoun, la légende française du marathon.
Il y a aussi Alain Mimoun, champion olympique du marathon à Melbourne en 1956. Il courut son premier marathon olympique à 35 ans, sous 36 °C, et franchit la ligne d’arrivée en solitaire devant 120 000 spectateurs. « La France, je l’ai gagnée et portée sur mes épaules« , disait-il.
Le Mot de la fin de votre guide.
Mesdames et messieurs, notre visite guidée du Schneider Electric Marathon de Paris touche à sa fin. Nous venons de vivre l’expérience la plus clichée, et la plus belle qui soit : courir dans Paris au lever du jour, entre l’histoire, les monuments et les acclamations de milliers de spectateurs.
Bravo et merci.