Jim Walmsly, c’est un peu le parcours le plus improbable – et le plus moderne – que la discipline pouvait espérer offrir.

Jim Walmsley grandit dans la chaleur désertique de l’Arizona. Il passe ses journée à jouet au foot avant de tomber amoureux du cross-country, de l’ambiance de bande autant que de la performance. Plus tard, il passe par l’US Air Force, enfermé dans un silo nucléaire au Montana, loin des sentiers et des sommets. C’est là qu’il comprend que sa place n’est pas sous terre mais dehors, à courir longtemps, très longtemps.
Quand il se lance vraiment dans l’ultra trail, il explose la scène américaine en gagnant le JFK 50 Mile et en débarquant à Western States 100 avec un style à la limite de la rupture : devant, tout le temps. En 2016, il file vers le record… avant de se perdre sur un virage et de finir vidé, mais porté par le respect du milieu. Il reviendra dompter la légende : trois victoires, un record, et cette phrase qui résume bien son mental :
“Je viens de Phoenix, je dois accepter de souffrir dans la chaleur”.
Puis vient la grande obsession : l’UTMB et les Alpes. Jim Walmsley déménage en France, à Arêches-Beaufort, pour apprivoiser un terrain qui n’est pas le sien. Plusieurs tentatives, plusieurs coups durs… jusqu’à 2023, où il remporte enfin l’UTMB, après cinq essais.
“Ça ressemble plus à un rêve qu’à quelque chose qui s’est vraiment passé”, dira-t-il à l’arrivée.
Quelques mois plus tard, il ajoute un titre de champion du monde de long trail, à Canfranc, confirmant son statut de référence absolue.
Fun facts : Il a un frère jumeau rugbyman, beaucoup plus massif et barbu (“la version opposée de moi”, plaisante Jim).
Jim adore le vin et parle de dégustation comme d’un entraînement pour les sens. Il a compris qu’il pouvait avaler des quantités de nourriture délirantes, sur ultra : un vrai super‑pouvoir quand les heures s’accumulent. Et ses blocs d’entraînement sur Strava sont devenus une série suivie par les fans du monde entier.
Au sujet de l’évolution du trail, il est plutôt lucide. Pour lui, Western States reste le sommet américain, mais l’UTMB est devenu le sommet mondial : “Il n’y a rien de mieux que d’être sur les deux lignes de départ et de donner le meilleur de moi sur les deux courses”.
Il assume la professionnalisation, utilise la tech pour affiner ses sensations, mais répète à l’envie que la technologie doit servir le ressenti, pas le remplacer. Et il insiste sur ce qui fait l’ADN du trail : ce tunnel de mains tendues dans les derniers kilomètres, ce mélange unique de solitude et de communion.
Jim Walmsley, c’est l’histoire d’un mec qui s’est perdu sur un sentier… et qui a fini par devenir champion du monde de trail. Un champion qui a autant marqué par ses échecs que par ses victoires. Jim Wlamsley incarne parfaitement ce trail nouvelle génération : plus pro, plus global, plus visible, mais toujours furieusement humain.